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[MMIT] L’entretien

Aujourd’hui, je vais un peu parler des entretiens.
Dans la vie d’un prestataire, c’est un peu la pierre angulaire de tout le reste.
On passe des entretiens pour intégrer une SSII et ensuite on passe des entretiens pour aller chez les clients.
Si l’entretien est réussit, on peut parfois décrocher des missions vraiment bien.
Par contre, si on rate, les missions peuvent s’envoler. Et, en SSII, trop d’entretiens ratés peuvent nuire à la carrière…
Donc, ici, je vais donner quelques conseils utiles (ce n’est pas exhaustif, à adapter suivant les situations/personnes) qui m’ont été donnés (tradition orale oblige) au fil du temps et que j’essaie de mettre en pratique.

 

Avoir un CV bien construit et le connaître !

 
Je ne vais pas m’étendre sur le sujet (peut être une autre fois, je fais quand même quelques commentaires au fil du billet), il y a pas mal de sites qui donnent des guidelines pertinentes.
 
Quand je dis connaître son CV, c’est d’avoir en tête les dates, les différents noms écrits, etc. pour ne pas avoir un discours incohérent.
Le discours incohérent ne pardonne pas.
 
Il n’est pas déconnant d’avoir plusieurs CV adaptés en fonction de chez qui l’on se rend.

 

Ce qui faut savoir AVANT.

 
L’information, c’est le nerf de la guerre
Qui est la SSII, quels sont ses clients actuels et son positionnement, combien de prestataires dans l’effectif. Toute information supplémentaire est bonne à prendre.
Positionnement : est-elle spécialisée dans un domaine particulier (banque-assurance, finance de marché, industrie…). Cela conditionne les clients qu’elle démarche et donc les futurs clients pour lesquels on peut travailler. Et ça, c’est super important à savoir.
 
En sortant du diplôme, on ne le sait pas forcément, mais il est bon de s’orienter vers un domaine. La raison ? Simplement car en comprenant le métier du client, vous aurez plus de facilité à communiquer avec les équipes, à vous intégrer et être autonome. En gros, moins de formation requise et une valeur ajoutée plus grande (donc plus de facilité à vous vendre).
 
Le nombre de prestataires influent sur l’ambiance. Une petite boîte de 15 sera plus soudée qu’une boîte de 1500+. Il sera également plus facile d’avoir des responsabilités plus importantes, une visibilité plus poussée quand la SSII est petite. Lorsqu’elle est grosse, la SSII est un peu aveugle aux personnes pour jouer sur la masse. En contrepartie, les clients seront parfois plus durs à décrocher pour les petites structures (une histoire de masse critique et de référencement stupide). Et le succès d’une mission est beaucoup plus important pour une petite structure que pour une grosse (pour éviter la perte de clients, qui peut être dramatique).
 
Pour l’entretien chez un client, il faut en savoir le plus possible également.
Idéalement, échanger avec des connaissances qui travaillent ou ont travaillé (récemment) dans l’entreprise (et pas il y a 10 ans…ça change vite, parfois).

 

L’entretien en lui-même.

 
Un bon entretien vient avec l’expérience et la pratique.
Déjà, il est TRES important de ne refuser aucun entretien, même si son CV ne colle pas.
A minima, cela fait de l’entrainement. Et c’est bien ça qui est important : on peut rater des entretiens si, pour celui qui compte, on est au taquet, du fait de son entrainement et de sa pratique.
 
S’habiller correctement. Par là, j’entends à minima un pantalon noir (jeans possible) ou costume. La chemise est un must-have. Après, la cravate, c’est selon la SSII / client (mais dans le cas où on a une cravate, avoir bien prit soin du nœud, c’est con, mais ça saute aux yeux, un nœud mal fait…le demi windsor réalisé la vieille sans les mains qui tremblent est bon à prendre). Mais bon, comme je l’ai déjà entendu : « un costume-cravate pour présenter, ce n’est pas forcément utile, mais ça donne bonne impression ». Et c’est bien là le truc : l’impression. Un certain nombre de SSII vont recruter d’abord une personne et c’est donc l’impression qu’elle dégage qui va prévaloir.
 
Ensuite, il FAUT avoir de quoi noter (prévoir un ou deux stylos plus un crayon à papier, en cas de panne d’encre ou autres problèmes assimilables) et un cahier (petit format, ça suffit, mais avec assez de pages pour ne pas être en rupture…). Il faut aussi prévoir deux ou trois CV imprimés, au cas où le client n’en ai pas ou que d’autres personnes s’incrustent (c’est toujours appréciés de pouvoir suivre au fil du dialogue) plus un CV pour soi (même principe que les notes, pour se référer aux dates etc. en cas de problème de mémoire du au stress, et pour avoir un plan minimal).
 
Pour un entretien avec client, un(e) commercial(e) (ou supérieur) sera souvent présent. Son rôle est d’aider le candidat (de lui rappeler certaines expériences, anecdotes…). Mais bon, parfois le commercial est un gros connard qui met plus de pression qu’autre chose, ça peut arriver… Je ne l’ai pas vécu, mais je l’ai vu…je ne sais pas ce qui est le moins pire… Il est aussi là pour voir les réactions du ou des interlocuteurs, avoir un débriefing avec lui/elle est très important !

Souvent, ça se passe ainsi :

  • Présentation de la boîte par l’interlocuteur
  • Présentation du candidat
  • Discussion libre / Test technique

 

Présentation de la boîte

Il ne faut d’abord pas s’étonner si la SSII est présentée comme leader sur son marché. Presque toutes les SSII le disent. Souvent à tort, mais en pratique, impossible à vérifier. La SSII est également présente chez tous les clients du marché (ou presque). Ca aussi, dur à vérifier, mais en ayant investigué un peu sur Internet, il est possible de pouvoir dire si c’est un gros mensonge ou pas. Au final, c’est un argumentaire tout commercial qui va être présenté, avec souvent des mots clefs (dont l’interlocuteur ne connait pas forcément la signification). C’est un discours bien rodé et qui à fait ses preuves. C’est là que l’on peut voir si la SSII vaut la peine.
 
Je m’explique. En fonction des informations glanées (connaissances, internet…), il est possible de savoir si la présentation est totalement fumée ou est possiblement dans le vrai. Dans le premier cas, il faudra fuir la SSII (mais pas de suite) et dans le second cas la garder en mémoire.
Il faut savoir que lorsque l’on se présente à une SSII, il y a plusieurs cas (qui me sautent aux yeux) :

  • La SSII est en galère de prestataire : elle est en chien, elle VEUT des nouveaux et fera tout pour (encore plus vrai si la SSII fait beaucoup de forfait), le meilleur cas de figure : le candidat pourra choisir et éventuellement négocier un contrat.
  • La SSII recrute normalement : elle va vouloir des gens qui sont facilement déployés chez les clients, donc la personnalité du candidat est très importante. Là, ce sera probablement le contrat type sans grande négociation possible.
  • La SSII a des demandes de recrutement très strictes : là, c’est la SSII qui fait son marché et c’est au candidat de se vendre, le plus dur des cas de figure. Contrat type, point. Tu veux pas ? Bah, « suivant ! ».

 
Le client est en général plus honnête. Il veut avant tout ne pas perdre de temps (les entretiens sont TRES chronophages) et ira sans doute droit au but sans enrober sa présentation dans des tonnes de miel.
En attendant, c’est en général un monologue suivit d’un « avez-vous des questions ? ». Il est très important d’être réellement à l’écoute et d’avoir 2-3 questions à poser (ça dénote un intérêt pour la boîte).

 

Présentation du candidat

Là, tout dépend : sortie de diplôme ou sortie d’un autre emploi ?
Dans tous les cas, une présentation de la personne est importante (un peu un whois : donner son nom, prénom, ses années d’expériences [dans le cas d’une recherche d’emploi], dire rapidement de quelle formation on est issue…). Ensuite, présenter les expériences les plus pertinentes.
 
Exemple : j’ai travaillé dans une boîte de distribution et d’intégration de matériel informatique (préparation, installation et SAV). Je veux être développeur .Net. Donc l’expérience n’a aucun intérêt, à éliminer dès que possible (comprendre dès que l’on peut mettre une autre expérience à la place).
 
Quand on commence sa vie active, on a les stages et boulots d’été. C’est parfois un peu maigre pour meubler une page… Mais quand on avance dans sa carrière, stages et boulots d’été vont rapidement être supprimés au profit d’expériences plus pertinentes.
Après cela, il est possible de dépiler son CV expérience par expérience ou avec uniquement les plus pertinentes, au choix. Mais toujours respecter : une présentation brève de l’environnement (brièvement, macro : entreprise, si elle n’est pas connue, équipé, but de la mission et des projets) avant de détailler (micro : ce que l’on a fait, les responsabilités, éventuellement les difficultés rencontrées et les résolutions [toujours avoir une résolution en face d’une difficulté, sinon ne pas la présenter] et l’environnement technique [exemple : .Net 2.0, C#, ASP.Net, VSS, Crystal Report, VS2008]).
 
Pendant la présentation, ne pas oublier de regarder les gens avec qui l’on est. C’est très important de s’adresser à eux plutôt qu’à la table ou à son CV (qui n’en ont, eux, rien à carrer).
 
Ne pas aller trop vite (au risque de zapper des parties importantes, notamment sous le coup du stress) mais ne pas aller trop lentement (au risque d’endormir l’assistance). C’est une question de rythme : le varier un petit peu de temps à autres, essayer de garder l’attention, etc. C’est un exercice ardu mais qui ouvre beaucoup de portes (j’avoue, ce n’est pas mon point fort, j’ai une locution trop monotone et calme).
 
Et être humble. C’est important. Autant, il faut se présenter, défendre son profil et dire ce que l’on a fait, autant il ne faut pas se présenter avec arrogance (« c’est moi le meilleur », « je vais vous apprendre à faire votre métier », etc.). Des compétentes surévaluées ou des mensonges se voient très rapidement et sont une plaie sur le (très) long terme (le monde des SSII n’est pas si grand qu’on le pense, surtout si on travaille toujours dans la même région).
 
De même, ne pas se dire que l’on connait très bien un sujet. C’est faux. Il y aura toujours quelqu’un pour vous prouver le contraire. Et si c’est le gars en face, ça peut faire très mal…
 
En somme, l’entrainement fera beaucoup. C’est avec la pratique que l’on pourra affiner son discours et le rendre plus pertinent et vivant. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être un grand orateur, mais on peut quand même arrondir les angles.

 

Discussion libre.

Pour un entretien avec le client, il n’est pas impossible qu’il veuille le faire sans le commercial. C’est pour avoir une discussion réellement franche avec le candidat (du style « ça t’intéresse vraiment de venir ou c’était juste pour faire de l’entretien ? »). Ca m’est déjà arrivé. Parfois, les commerciaux mettent la pression sur le candidat pour qu’il réussite à tout prix et se positionne chez le client et dépit des souhaites du candidat lui-même. Il faut surtout être parfaitement honnête. Il vaut mieux un entretien qui ne porte pas ses fruits plutôt que de se taper une mission chiante et pour laquelle on n’a aucun intérêt !
 
Il peut arriver qu’il y ai un questionnaire technique (à faire en solo) ou un « examen » oral (questions/réponses avec l’interlocuteur). Dans ce cas, ne pas hésiter à dire « je ne sais pas », mais toujours essayer de faire des suppositions, de trouver la réponse. Il est important de ne pas oublier qu’une SSII qui embauche, et encore plus un client qui recrute, sera très sensible à l’autonomie du candidat. Ainsi, s’il dit uniquement « je ne sais pas » sans chercher, il n’est pas autonome. S’il dit « je ne sais pas » mais essaye de trouver, il sera possible de voir la façon dont il réfléchit et fait le parallèle avec d’autres éléments pour arriver (ou non) à trouver la réponse.
 
Quoiqu’il en soit, la dernière partie est souvent utilisée pour faire connaissance, c’est-à-dire voir si les personnalités sont compatibles pour travailler ensemble.
 
J’ai déjà raté mes présentations de CV mais réussis la discussion pour être finalement retenu. Pour certains clients, il est plus important d’avoir une personne autonome qui sait chercher (et trouver) qu’une personne extrêmement bonne techniquement qui n’est pas autonome et/ou qui ne sait pas s’intégrer à l’équipe.
 
C’est aussi pour cette raison qu’il faut être soi-même (je sais, facile à dire avec le stress potentiel…). Qu’un client accroche avec sa personnalité quand on est soi-même, ça veut dire que l’intégration à l’équipe se fera aisément et qu’il est possible d’avoir une expérience ensemble sur le long terme (ce qui est souvent très prisé chez les clients).
 
Enfin, si l’interlocuteur émet des critiques, toujours les noter pour la prochaine fois.
 
Il est possible que lors d’entretien pour une SSII, l’interlocuteur fasse des commentaires/conseils sur la présentation ou le CV. C’est assez rare pour être appréciable et c’est souvent très utile.

 

Débriefing.

 
Une fois l’entretien fini, il faut faire un bilan, un débriefing.
Avec le commercial si c’est une présentation client, sinon seul.
 
Le débriefing est important.
Déjà, comment on a vécu l’entretien ? Stressé, à l’aise ? Trop stressé ou trop à l’aise ?
Ensuite, être auto critique et se remettre en question. Si on voit des failles dans sa présentation, il y a des chances que l(es)’interlocuteur(s) les ai vu aussi.
Chaque entretien apporte quelque chose, il faut juste se poser un peu pour trouver quoi (dans l’entretien lui-même, hein, je ne parle pas d’une mission potentielle !).

 
Voilà, j’espère que ça pourra aider des gens, n’hésitez pas à discuter du sujet (la zone de commentaires est faite pour🙂 ).

Catégories :Divers, MMIT
  1. 30/06/2012 à 11:09

    Article sympa et bien construit, congrats😉
    C’est là qu’on se rend compte que les entretiens techniques ne sont pas assez poussés par les employeurs, je trouve: « Il peut arriver qu’il y ai un questionnaire technique (à faire en solo) ou un « examen » oral (questions/réponses avec l’interlocuteur) ».
    Depuis quelques semaines, je teste une nouvelle méthode quand je dois valider techniquement un candidat: le faire coder😀.
    Le principe est assez simple: avoir une série de tests unitaires et lui demander de les faire passer. Il n’y a pas de mauvaises réponses et le but n’est pas que le candidat termine mais surtout de voir comportementalement comment il réagit et comment il aborde les problématiques.
    Et surtout dans ce cas là, comme tu le dis: « ne pas hésiter à dire « je ne sais pas » ».

  2. 30/06/2012 à 14:43

    Merci à toi😉 (d’ailleurs, comment va, là haut ?)
    Pour l’entretien technique, il y a du pour et du contre, je trouve.
    J’ai vu des clients qui n’avaient pas le temps de faire des entretiens, alors préparer des Q/R plus poussées et même faire coder le candidat…ça devient vite compliqué (surtout si ce n’est pas dans la « culture » du client).
    Il faut aussi voir que sur un entretien (30mins / 1h), c’est dur de voir comment le candidat va réagir (pression, stress, délais, code qu’il ne connait pas…). Le faire coder aide à voir ce qu’il vaut, mais uniquement à cet instant T (il y a des prestats très bons codeurs qui ne savent pas gérer le stress en entretien…).
    Mais bon, c’est comme tout, pas de solution miracle🙂

    • 03/07/2012 à 08:33

      Temps merveilleux dans le Nord, beau et chaud😉
      C’est vrai qu’il y a des clients qui n’ont ou ne prennent pas le temps pour les entretiens. Je pense que c’est plus dangereux pour eux de ne pas prendre le temps de valider ou de faire valider un candidat au risque de se retrouver avec quelqu’un qui s’est bien vendu mais ne peux assurer derrière.
      Pour moi, la validation technique dont je parle doit être faite par un membre de l’équipe avec qui pourrait bosser le candidat. D’une part, puisqu’il s’agit d’un développeur en tenue courrante et non pas d’un chef ou RH en costume, ça permet de « rassurer ». Ensuite, faire passer ce genre de scéance permet de prendre plus de temps pour l’entretien et justement d’avoir un meilleur aperçu du candidat. D’ailleurs, je pense que même pour lui, le fait que l’entretien dure lui permet d’apprécier comment fonctionne la boîte mieux qu’en passant juste dans le couloir. Enfin, le but de l’entretien n’est pas qu’il code « The Ultimate Solution » mais juste de voir comment lui fonctionne (« Vous faites quoi ? », « Je réfléchit à la meilleure implémentation », « Faites un truc qui fonctionne, on verra après », « Y’a pas de constructeur pour List ? », « … »).
      Finalement, m’est avis que le tout c’est justement de former nos responsables à ce genre de « pratiques » en leur montrant qu’elles leur permettent de réellement situer un candidat. Après tout, même positionné avec un niveau Junior sur telle ou telle techno, un profil peut être intéressant de part son raisonnement ou sa capacité d’adaptation.

      • 03/07/2012 à 08:45

        Pfff, je vais finir par migrer plus haut que toi pour éviter la chaleur actuelle😄

        Après, je suis bien d’accord avec toi. Ça serait bien de pouvoir le faire. Vraiment.
        Ceci dit, j’ai déjà entendu un responsable qui disait que le candidat n’avait pas besoin d’être bon, juste de savoir pondre du code (je passe la citation qui lui est attribuée, ça ferait vraiment trop désordre…).
        Après, dans l’absolu, ça n’empêchera pas non plus les défections du style « le projet est finalement pas bien, je viens plus » (vécu, plusieurs fois…).
        Dans l’idéal, tous les développeurs seraient passionnés, ça arrangerait déjà pas mal de choses !

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